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bla
Stein. | EvyPlevy.
(Jeu 1 Mai - 16:28)
bal
Stein.
C'était un complexe de castor. Il était un homme-castor.
Vulgairement.
Traîne tes pierres comme ils amassent le bois, barrage ou juste envie, c'est sans doute tout ce qui le différencie des animaux. L'envie. Alors il les traîne pour les empiler, les pousse lorsqu'il sont trop lourds pour sa faiblesse manichéenne, et il les stocke comme l'intendant du port d'Amsterdam calcule toutes sortes d'équations pratiques pour que l'affaire tourne dans les meilleures conditions. Une organisation claire, précise, précisée davantage lorsqu'il repositionne certaines pierres de sorte à ce que l'empilement ne s’effondre pas. Tout est réfléchi. Ce n'est pas un vulgaire caprice, ce n'est pas fait sur un coup de tête. C'est prédit. C'est assuré, c'est un art, ce n'est pas n'importe quoi.
Reste qu'il empile des cailloux avec de l'eau jusqu'aux chevilles.
C'est beau, mine de rien. C'est ordonné et il aime l'ordre, alors Fauve semble satisfait. Il tire la gueule, c'est coutumier, mais il n'a pas l'air énervé et, finalement, c'est une bonne chose. Le courant porté par les chutes jusqu'au lac freine son ascension quand il tente de remonter vers sa construction, quelques pierres entre l'aine et sa paume. Quand il les jette dans l'eau, près de son château - sa tour, sa baignoire, ses fortifications, ses ruines, peu importe - et que les éclaboussures n'ont pas à crier gare avant de rencontrer son torse nu. Il a jugé bon de retrousser son pantalon au-dessus du genou, de quitter ses chaussures et d'enlever son haut. Il fait chaud, il fait chaud en lui, et travailler réchauffe. Un soupir avant de s'accroupir, d'empiler. D'empiler petit à petit, et de voir l'univers entier dans un amas de roches. Les yeux d'un enfant pour une vanité presque ridicule. Un castor qui a besoin de construire et un enfant qui le fait pour rien. C'était drôle.
Risible.
Imbécile.

Il ne pose pas la dernière pierre, il la jette. Il la jette dans le lac avec haine. Il prend le sommet, le décapite d'un coup de bras, se lève et fait s'effondrer l'architecture avec le pied. La plante du pied. Les dernières manifestations de son travail, il les prend et les envoie loin. Loin aux pieds de quelqu'un. Loin.

- Dégage.

Petite conne.
Il n'a aucune idée de qui il s'agit mais il sait que c'est une fille. Et que c'est une conne.
Une conne qui, pour un peu, a tout vu.

- Si tu es là pour m'aider, dégage.
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Stein. | EvyPlevy.
(Dim 22 Juin - 20:07)
bal
Stein
PV FAUVE

A l’ouest elle est morte. A l’est il n’y a plus que du vide. Evy, elle sait très bien ce que remplace ce vide. Du moins, elle s’en souvient vaguement. Elle marchait d’un pas léger, à la recherche d’une destination, à la recherche d’une occupation. C’est fou ce que la vie d’un player peut être vide de sens. La seule chose qu’elle savait, c’était qu’elle devait éviter le monde. C’est alors que ses pieds l’ont amenée dans cet endroit. Dans cet endroit perdu entre son cadavre et le vide, cet endroit inconnu au monde, cet endroit parfait. Il est beau, il est bon, il a un charme fou. Il a tout pour plaire. Elle le connait, ce n’est pas la première fois qu’elle y vient, et pourtant semble le redécouvrir à chaque fois.

Un pas, deux pas. C’est bien d’être seule. Mais pas tant que ça. A chaque brindille qui se casse sous ses pieds, elle se retourne, elle panique. Elle a peur. Elle a même très peur. Décidément, elle est réellement l’incarnation de la contradiction. Il faut croire qu’elle préfère encore affronter la solitude que les foules.
Trois pas, quatre pas. Ses pieds nus sont dans l’eau. Elle s’arrête, puis fixe ses pieds, son reflet, complètement perdue dans ses pensées. Elle avait l’air bête, à rester là, immobile et fixer le vide. Comme toujours, l’eau était tiède. Elle se met à bouger doucement ses pieds aléatoirement, comme si elle essayait d’enlever la crasse dessus. Son reflet ondule. Puis elle arrête, et continue de fixer son reflet qui est de nouveau intacte. Immobile, avec sa robe blanche et sa peau qui semble jamais avoir vu le soleil, elle n’est plus qu’une pâle silhouette.

Il y avait quelqu’un de l’autre côté. Quelqu’un dont elle ignorait complètement la présence, du moins, jusqu’à ce qu’il ne fasse un énorme boucan. Elle quitta son reflet du regard ; et fixa l’homme qui s’acharnait sur de pauvres pierres. A première vue, elle ne le connaissait pas. Mais c’était à première vue seulement. Il était pour elle, en ce moment même, rien qu’une tâche grise parmi les autres. Il ne semble pas avoir remarqué sa présence. Peut-être qu’il est bien trop occupé par la destruction de son petit château de pierres pour la remarquer. Ou alors, peut-être que c’était son éternelle discrétion qui la rendait invisible aux yeux des autres. Quoi qu’il en soit… Tant mieux.

Et puis, des pierres tombent à ses pieds. Ca l’éclabousse un peu. Elle regarde fixement la personne qui les a envoyées vers elle. Puis, elle fixe les pierres. Elle l’entend crier dégage. Une fois, deux fois. Sa voix lui semble familière ; tout est clair maintenant. Elle avait eu l’occasion de le croiser plusieurs fois auparavant. Si elle est l’incarnation de la contradiction, lui est bien l’incarnation de son péché – la colère. Elle n’avait pas l’habitude de détester les gens sans les connaître, mais lui, elle ne l’aimait pas. Il lui rappelait sa sœur. S’il y avait bien une personne qui avait pu lui dire « dégage » un nombre incalculable de fois dans sa vie d’avant, c’était bien elle. Et désormais, c’est son tour. Une incompréhension totale régnait dans la tête de la jeune fille – elle n’avait rien fait, alors pourquoi ? Avait-elle piétiné le territoire du jeune monsieur ? Ils pouvaient très bien être seuls à deux, chacun dans son coin sans toucher l’autre. S’il n’y avait pas tout ce boucan, si les pierres n’étaient pas tombées à ses pieds, personne n’aurait su qu’il y avait quelqu’un pas trop loin.

Son cœur battait fort. Elle restait silencieuse, ne sachant pas trop quoi répondre au jeune monsieur. Elle ramasse une des pierres à ses pieds dans l’eau, puis le fixe. Elle essaye de comprendre, mais ne comprend pas. En parallèle, la peur l’envahit complètement. Elle ne l’aime pas, et elle a peur de lui. Elle ne sait pas comment réagir. Elle ne sait pas quoi faire. La fatigue l’empêche de réfléchir correctement, les questions, qui se bousculent dans sa tête, encombrent tout son esprit, la peur l’empêche d’agir après réflexion et toute cette arrogance injustifiée lui fait monter le sang à la tête.

Elle le fixe toujours, et ne bouge pas. Elle reste là, avec cette pierre dans ses mains, sans rien dire. Elle le trouerait presque à force de le fixer comme ça. Elle n’a pas l’intention de partir, du moins, par pour l’instant. Elle sait très bien qu’elle n’oserait pas lui faire face bien longtemps, même si le fait qu’on passe ses nerfs sur elle ne lui fait rien. Aucun effet. C’est juste que c’est la personne en elle-même qui la met mal à l’aise. L’être humain en général, et pas ce qu’il dit ou ce qu’il fait. Mais là, elle n’avait pas envie de partir. Et ce qu’elle ne supportait pas, c’est qu’il lui crie dessus, qu’il lui demande de partir alors qu’elle n’avait rien fait. Alors qu’il ne la connaissait pas.

Elle se baissa, et prit quelques pierres en plus, tout doucement. Peut-être qu’elle en prit trois, peut-être quatre, mais un petit nombre parce qu’avec ses petites mains, elle ne pouvait pas en prendre plus. Elle s’approcha doucement et sans rien dire de l’inconnu colérique, et déposa les pierres à ses pieds. Il avait bien dit « Si tu es là pour m'aider, dégage. », mais elle l’ignorait complètement. Elle lui rendait juste ce qui lui appartenait. Elle ne réfléchissait même pas à ce qu’elle faisait. Elle était ben trop perdue dans sa pauvre caboche. Mais maintenant qu’il était juste à côté d’elle, elle s’était rendu compte de sa taille. Elle avait pris un peu plus peur.


Après avoir déposé ces pierres, elle le releva la tête et le fixa de nouveau. Elle ne disait rien, et pourtant son regard parlait pour elle. C’était son truc à elle, de discuter sans rien dire. Ils montraient son incompréhension totale face à la situation, ils montraient aussi sa haine face à son arrogance; mais surtout, ils lui demandaient « pourquoi ».



Parce que c'est son truc à elle, de discuter sans parler.

© Evyplevy - 1004 mots


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Stein. | EvyPlevy.
(Mer 9 Juil - 21:32)
bal
Stein.
S'il avait eu le ventre ouvert, elle l'aurait gavé de pierres, recousu, et noyé dans la rivière. Il en aurait mis sa main au feu.
Deux billes rivées sur lui comme attentives, suppliantes. La gifle serait partie seule si elle avait été sienne. Fille. Jawal lui avait suffit. Jawal souffrait suffisamment par sa faute. Il était dit que ne pas donner naissance était un crime. Que la femme avait le don de créer la vie et l'homme y participait humblement. Il y avait cru. Beaucoup moins à présent qu'il avait vécu, qu'il savait ce qu'il avait laissé au fruit de sa chair, ce qu'il restait du monde qui lui avait offert un être vivant duquel s'occuper. Jawal Nidh'aal Siraj Al Din, qui traînerait son nom derrière lui comme le poids du cadavre de son père, comme les trémolos assommants de son grand-père porte-parole de Dieu, comme nombre d'enfants maudits, errants pieds nus sur le tranchant des pierres de sable, perdus quelque part, loin, embourbé dans sa misère et dans sa colère et il n'aurait jamais souhaité cela. À personne.
Il n'avait déjà que trop souffert.

- Arrête ça.

Détourne les yeux. Assure ta voix.
Jawal.
Jawal, Seigneur.
Les paupières s'avouèrent vaincues. Déposèrent un baiser sur le blanc de chacun de ses yeux. Un temps pour respirer, laisser la nuque glisser à droite. En bas. Montagne de cailloux humides, petites algues entre les orteils, mousse glissante. Terrain bancal.
Il était sur un fil et n'avait comme équilibre qu'un bras. La colère au bord des yeux, les dents serrées. Serrées comme le poing. Les narines s'élargirent, expiration bruyante. Sonorisée. Il n'y avait que trop d'eau, au final. Presque trop d'eau dans la lave. Il remuait ses entrailles à l'aide d'une cuillère en pierre pour qu'elle ne fonde pas et son sang se solidifiait comme le magma à l'air libre. De plus en plus dur. De plus en plus pâteux. Il crut exploser et se contenta de fumer.
Ce n'est pas le plat de la main qui la repoussa. C'est son poing, entre les seins. Brusque.

- J'en ai assez de la misère.

Les yeux dans les yeux.
La haine dans la pitié gluante, empêtrée dans une mendicité qu'il ne supporterait pas davantage. Qu'elle s'en aille, c'est tout ce qu'il voulait. Qu'elle ose tenir debout, encore, devant lui, qu'elle n'ait pas froid aux yeux, et ils ne pourraient bientôt plus rien voir. Il crachait des couleuvres de feu. Le même poing, au même endroit. Bien plus ferme et bien plus chaud.

- J'en ai assez de l'espérance.

Une ordure. Un parasite, encore debout, encore là, toujours, et sa main approcha dangereusement de sa joue, s'abstint, encore, parce qu'elle n'est pas sa fille et qu'il ne peut la frapper. Pas comme ça. Alors il la bouscule une troisième fois et là, enfin, elle tangue. Chancelle, titube, chavire. Il n'avait pas conscience de sa force, pas conscience de la forme de sa main apparue sur ses vêtements sous forme de cendres, et la même main qui servit à la faire disparaître la retint, la garda au sol, et c'st lui qui tomba à sa place.
Un écran de fumée pour refroidir les braises, mais rien ne pouvait apaiser son visage déformé par le peu d'eau qui restait dans son regard.

- J'en peux plus de tes yeux.
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